samedi, mai 24, 2008

Bel ameublement et objets d'art


Voici une exposition qui m'a charmé et que je recommande vivement, mais il faut vous dépêcher car elle ne restera en place que jusqu'au 1er juin. Il s'agit d'une exposition intitulée 'Bel ameublement et objets d'art' et qui se déroule dans les locaux de l'Atelier Frère à Contern, une firme spécialisée dans la restauration de meubles anciens et de céramiques. À travers les pièces de la belle maison de maître et jusque dans le jardin, on découvre, avec les yeux très grand ouverts, différentes ambiances mettant en 'trialogue' du mobilier ancien, des sculptures et des peintures. Le regard est tout le temps convoqué par mille détails, mille agencements, mille lumières qui viennent caresser les surfaces et les formes. J'ai beaucoup aimé les sculptures et les peintures qui rythment de leur suave poésie le parcours du visiteur. De plus, j'ai eu le bonheur de rencontrer et bavarder avec les deux artistes Polo le sculpteur et Laëtitia Plotton la peintre, qui étaient présents lors de mon passage.
Ils viennent tous les deux de Mougins et sont représentés par la Galerie du Crescendo.
Les sculptures en marbre de Polo, d'une pureté et d'un éclat extrêmes, à fleur de peau, déclinent tantôt des figures animales espiègles et élégantes, tantôt des bustes féminins aux formes voluptueuses, ou encore des motifs plus abstraits, mais toujours avec des courbes et des arrondis qui accrochent le regard et l'invitent à tourner autour de l'oeuvre dans une fascination sans fin.
Quant à Laëtitia Plotton, elle a réalisé une très belle série de peintures autour du thème du nu féminin. Des nus très sensuels et délicats, pas du tout provocants, presque toujours des dos de femmes dissous dans des atmosphères colorées dans de très subtils tons en demi-teinte. "Du figuratif onirique", me dit Laëtitia. L'artiste travaille également beaucoup les empâtements ce qui donne un relief particulier aux corps, si on prend de la distance, on a l'impression qu'ils sortent de la toile. Les nus de Laëtitia sont à la fois sensuels et inaccessibles.  
À chaque fois que j'ai l'occasion de parler avec de vrais artistes, il me vient toujours une sorte de stupeur. En réalité, j'adore parler avec eux, ils me fascinent, mais je ne sais pas toujours quoi leur dire. Cela me semble tellement bateau de leur déclarer: "j'aime beaucoup ce que vous faites". Pourtant, j'essaye et je leur dis les impressions que provoquent en moi leur travail. 
Il est clair que l'oeuvre d'art existe pour elle-même. L'artiste n'a pas à l'expliquer, mais il peut vouloir écouter comment les autres l'interprètent ou la ressentent.
Dans le cas de Laëtitia Plotton et de Polo, j'ai particulièrement aimé le fait qu'ils ne jouent pas dans le rationnel ou le cérébral, mais qu'ils sont avant tout des orfèvres de l'émotion, de la spontanéité, de la générosité.
J'aime les courbes et les arrondis qu'on retrouve dans les sculptures de Polo, l'impression qu'on a de les voir sauter sur nous à tout moment, j'aime les toucher et m'imprégner de la blancheur rafraîchissante de leur peau de pierre.       
J'aime les corps de femme peints par Laëtitia, on dirait qu'ils sont en mouvement, doucement, baignés dans un film mystérieux, bercés d'une musique indicible, peut-être du Mozart, ces corps vus de dos, on ne les touche que du regard, on croit en leur éternité, leur beauté est notre idéal.
Je scrute chaque oeuvre, je prends le temps de m'oublier, je rentre dans un autre univers, je me laisse séduire, enrouler, accrocher, mon esprit est plus léger, plongé dans un doux apaisement, j'imagine les mains de l'artiste dans l'atelier, en train de tailler le marbre ou de glisser le pinceau sur la toile...    
 
 

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She loves her dog


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Cinéma: 'Delirious' de Tom DiCillo

Film agréable à regarder, 'Delirious' est cependant relativement oubliable. Dans sa première partie, sur un ton mélancolico-dramatique, Tom DiCillo nous raconte un couple improbable qui apprend à s'apprécier - un jeune SDF à la gueule d'ange (Michael Pitt), qui devient l'assistant d'un paparazzi paumé et teigneux (Steve Buscemi). Surgit ensuite une star pop dont le SDF tombe amoureux, et le film bascule dans une sorte de parodie de bluette pour ados idiots, avec au passage une sorte de réflexion sur l'amitié et la trahison. 'Delirious' a quelques moments drôles, essentiellement grâce à Steve Buscemi, mais il est plombé par un scénario décousu et tiré par les cheveux qui laisse un goût de superficialité. À noter: le joli minois de l'actrice Gina Gershon.

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mercredi, mai 21, 2008

Une actrice, un personnage


Dans la pièce théâtrale 'Faces' mise en scène par Daniel Benoin et tirée du film de Cassavetes, elle a été la plus belle surprise, naturelle, détonante, drôle, émouvante: Helena Noguerra ... et en plus elle chante bien, j'adore sa voix douce et sûre d'elle, lumineuse et mystérieuse.

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lundi, mai 19, 2008

Week-end

J'ai eu un week-end très chargé, un de ceux qui vous font oublier le temps, quand vous faites plein de choses différentes et toutes intéressantes, vous tirez plus vite que votre ombre, vous gâchez pas mal de munitions, vous finissez par être crevé comme un ours qui a besoin de sa tanière, mais au bout du compte vous vous dites 'ouau, ça fait du bien d'être en vie!'
Entre trois grands moments liés à 'Faces', une visite au cirque en famille (le Cirque Loyal, une magnifique petite entreprise de 7 personnes, les parents et leurs 5 enfants, trois filles, deux garçons, âgés entre 15 et 26 ans, qui assurent une heure et demie de spectacle très varié), la soirée de pré-sélection de Miss Portugal 2009, la lecture gourmande des derniers 'Cahiers du Cinéma' et de l'une ou l'autre nouvelle de Murakami sans oublier une belle après-midi passée dans une aire de jeux en pleine forêt ... franchement, je n'ai pas réussi à m'ennuyer!
Ce texte est en train de s'écrire en direct depuis le snack Kiko. Je dispose de 20 petites minutes pour déambuler dans ce lieu et mes souvenirs du week-end. Ne vous étonnez pas du caractère inachevé et volatile de ma plume ...
La présélection de Miss Portugal: ça fait plusieurs années que j'accompagne cette manifestation. J'y fais des photos en backstage et en frontstage. Des photos standard, faciles, ou plus intériorisées. Souvent j'essaye, sans toujours réussir, de dépasser la technique pour rendre compte d'une idée de beauté fragile et délicate. Je me pose plein de questions sur la signification d'une épreuve comme celle-ci, qu'est-ce que ça révèle sur notre société, sur la représentation de la beauté, sur la communauté portugaise, sur moi-même ... qu'est-ce qui peut être montré, et à quoi ça sert? Je trouve ces jeunes filles à la fois vulnérables et fortes, elles viennent de sortir de l'enfance, qu'est-ce qui les pousse à s'exposer au regard et au jugement du public, comment réussir à les respecter, à les sublimer, à les préparer pour la 'mise en scène' de leur personne...?      
là, je vais boire le café. 
Faces: ai-je encore le temps de vous parler de ce film de Cassavetes, que j'ai vu vendredi soir à la Cinémathèque, et de la pièce théâtrale que Daniel Benoin en a tirée (découverte hier soir au Grand Théâtre)? En deux mots, j'ai adoré le film, c'est une oeuvre étourdissante à tous points de vue, qui suscite énormément de questionnements. Il me semble que j'avais vu le film il y a une vingtaine d'années à la télé, mais sa nature expérimentale et son apparente confusion avaient quelque peu décontenancé mon jeune regard d'alors. Vendredi, j'ai reçu la nouvelle vision de Faces comme une superbe baffe à la figure ... Puis il y a eu la pièce du théâtre hier soir... franchement, il ne m'a pas été aisé de porter un jugement libre sur le travail et les parti-pris de Daniel Benoin, car j'avais constamment les images du film dans ma tête qui se superposaient aux dispositifs scéniques. J'éprouvais un sentiment semblable à celui qu'on  a quand on voit un film juste après avoir lu le livre dont il est tiré. Il n'en reste pas moins que j'ai pris un incontestable plaisir à assister à ce spectacle plein de passion, de puissance, de tragicomédie ... et bénéficiant d'une interprétation excellente.
Comme de plus j'avais eu le plaisir de rencontrer plus tôt dans la journée deux des acteurs de la pièce, Helena Noguerra et Paulo Correia, la joie de les voir en action, complètement engagés dans leurs personnages, a été immense. Et Helena chante sublimement bien.
je dois vous quitter, le travail m'attend ...   

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jeudi, mai 15, 2008

Le bazar global

Voici une réflexion qui m'est venue aujourd'hui, corrigez-moi si vous estimez qu'elle n'est pas juste. J'écoutais les nouvelles à la radio, le renchérissement du pétrole, des matières premières agricoles, la perte de pouvoir d'achat en Europe et aux Etats-Unis, la remise en cause du bienfondé du 'Welfare State' ...  
Je me suis demandé si on n'est pas en train d'assister, sans rien pouvoir y faire, à un nivellement de la société sur un plan planétaire?
Un nivellement qui fait le bonheur des uns et fait se dégrader l'existence des autres. 

Ainsi dans des pays comme la Chine, l'Inde ou la Russie, autrefois exclus du jeu capitaliste, une classe 'moyenne' nouvelle est en pleine émergence. Une classe qui a envie de vivre et consommer 'à l'occidentale' et qui se retrouve dotée des moyens pour le faire. Ce subit 'embourgeoisement' ne concerne certes qu'une petite partie de la population de ces pays, la majorité des habitants ne ressentant pas de grands changements dans leurs conditions de vie. Les nouveaux 'moyennement riches' sont cependant en nombre suffisant pour modifier la donne économique mondiale. Le grand capital est excité, voici que déferlent soudainement sur le marché plusieurs dizaines de millions de nouveaux demandeurs de biens et services! Des millions d'individus qui veulent s'équiper comme les Occidentaux, conduire des voitures comme eux, manger comme eux, s'amuser comme eux, etc. ... et qui peuvent payer pour obtenir ce qu'ils veulent. 
Toutes les stratégies d'investissement et de production, qui jusqu'ici étaient essentiellement tournées vers les pays occidentaux, bavent d'envie devant les nouvelles opportunités de débouchés dans les pays à très forte croissance. Les matières premières deviennent tout naturellement plus chères, étant donné qu'elles sont convoitées par beaucoup plus de monde qu'avant. Les mets sur la table sont les mêmes, mais les invités sont trois fois plus nombreux.
 
Dans les pays occidentaux, cette évolution conduit à une baisse du pouvoir d'achat d'une grande partie de la classe moyenne traditionnelle. Le grand capital lui fait comprendre cyniquement qu'elle n'est plus son seul client et qu'il faut qu'elle se plie aux nouvelles règles du jeu: "travaillez plus pour gagner moins". 
Globalement, le grand capital, où qu'il se trouve, quel que soit sa couleur, se goinfre encore plus qu'avant. Il détient l'argent et il contrôle les matières premières. Il vend au prix qu'il entend, en visant premièrement son plus grand profit. Il est donc tout à fait normal qu'il y ait de plus en plus de super-riches en activité sur la planète. De super-riches qui ne savent même plus quoi faire de leur fortune. 
Entre eux et le restant de l'humanité, ne finit pas de se creuser un énorme fossé: 
loin, très loin, de l'autre côté de l'abîme, se trouvent les fameuses classes moyennes, qui sont sujettes à des sentiments contradictoires en fonction de leurs précédents. En Occident, les classes moyennes sont tirées vers le bas, elles perdent leurs habitudes insouciantes de consommation et elles connaissent l'angoisse des lendemains qui déchantent. 
Dans les pays à très forte croissance économique, les classes moyennes, qui ont encore le souvenir des milieux modestes dont elles proviennent, voient s'ouvrir devant elles tout un hyper-marché d'équipements modernes. Le grand capital les satisfera aussi longtemps qu'elles pourront hypothéquer leur avenir en toute confiance. 

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mercredi, mai 14, 2008

Le 61e Festival de Cannes a commencé

Ce matin, à la radio, j'ai noté une jolie comparaison de Thierry Fremaux, délégué général du Festival de Cannes:
Le cinéma, c'est dans les salles qu'on le trouve. Il doit donner ce sentiment d'expérience collective. C'est comme une sortie dans un restaurant. Bien sûr, on peut prendre ses repas à la maison, mais aller dans un bon restaurant de temps en temps avec des amis, c'est un événement extraordinaire. On peut aussi voir des films à la télé dans l'intimité de son habitation, mais c'est sur un grand écran, au milieu d'un public, que le cinéma prend sa véritable dimension.

Neighbours

Des voisins profitent du beau temps à l'extérieur de leurs habitations à Clausen.
"Le soleil donne ..."
Ils sont portugais, italiens et luxembourgeois. 

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mardi, mai 13, 2008

L'apparence n'est pas tout

L'apparence n'est pas tout. 
Contrôler le monde par l'image?
Y en a qui parviendront à s'évader.
Ils diront la vérité. 

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Je vous ai vue sans vous voir


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lundi, mai 12, 2008

Maintenant que la fin approche

Maintenant qu'il voit la fin s'approcher, il ressent une grande fatigue. Sa journée lui semble si lourde à porter. Il est resté cloîtré chez lui, malgré la très belle lumière. 
Tous les discours lui semblent creux et futiles. Quoi qu'on fasse, les pourris sont en train de se faire une place au soleil. Dans le monde dégénéré qui se prépare, seul l'homme riche et cruel pourra goûter les plaisirs de la vie. Les autres pataugeront dans la boue.
Il sait que jamais il n'acceptera de se conduire avec cruauté, et que par conséquent il rejoindra les rangs des gens pauvres, des opprimés, des oubliés.
  


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samedi, mai 10, 2008

Jeunes - Centre Aldringen

En remontant du passage souterrain de l'Aldringen vers les quais de bus, j'ai rencontré ces jeunes gens.
 

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jeudi, mai 08, 2008

Rendez-vous avec 'Faces' / John Cassavetes (1968)

La Cinémathèque de Luxembourg propose, pendant les mois de mai et juin, une rétrospective John Cassavetes, un réalisateur dont j'aime beaucoup les films, en particulier 'Shadows', 'Minnie et Moskowitz' et 'Une femme sous influence'.
Le vendredi 16 mai, j'espère assister à une rencontre-débat qui fera intervenir entre autres le grand spécialiste du cinéma de FR3, Patrick Brion, et qui sera complétée par la projection de 'Faces'.
En relation directe avec l'oeuvre de Cassavetes, il y a un autre événement à ne pas rater: la représentation, dans le studio du Grand Théâtre de Luxembourg, de la pièce 'Faces' mise en scène par Daniel Benoin. A l'inverse de ce qui a souvent été fait dans l'histoire du cinéma  - des textes de théâtre transposés sur le grand écran -, Daniel Benoin a adapté le film de Cassavetes pour en faire une pièce de théâtre. Avec Valérie Kaprisky, François Marthouret et Helena Noguerra en tête d'affiche, 'Faces' sera joué tous les soirs à 20h00, du 17 au 22 mai.

La mise en scène de Daniel Benoin présente une scénographie inhabituelle. Les comédiens ne jouent pas la pièce sur une scène classique bien délimitée par rapport au public, mais ils se trouvent en plein milieu des spectateurs. Pour permettre cette proximité et l'émotion brute qui en découle, les spectateurs sont assis dans 64 canapés répartis dans un vaste espace, et les acteurs inscrivent leur fiction en se mouvant d'un canapé à l'autre. Par ce dispositif scénique, Benoin convoque une perception émotionnelle des personnages qui s'assimile à ce que permettaient les gros plans insistants du film de Cassavetes. 

L'expérience théâtrale est notée dans mon agenda pour le 18 mai.

Les Théâtres de la Ville

Le cinéma de John Cassavetes



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mercredi, mai 07, 2008

Longtemps vous m'avez fasciné

Vous m'avez longtemps fasciné. Mon coeur battait plus fort en pensant à vous. Je souffrais d'être loin de vous. Je pensais à tout ce que pouviez être en train de faire. J'imaginais votre univers. Vos vêtements. Vos conversations. Vos sourires. Vos façons de bouger, de danser. Sur mon écran, vous étiez magnifiques, libres et intelligents. Je prenais vos images sans discuter. Je passais mon temps à les regarder, à les explorer, à les amplifier dans mes rêves.

Mais maintenant, je ne rêve plus de vous, vous ne pouvez plus me séduire, j'ai vu l'envers de votre décor.
Vos masques et vos costumes, je les perce à jour. Parlez autant que vous voulez, dans le vocabulaire le plus recherché, avec toute la verve que vous maîtrisez. Convoquez le joueur de Hamelin si vous voulez. Je ne vois plus de beauté dans vos artifices.


Oquestrada - Killing Me (Live)

encore un phénomène de la nouvelle scène portugaise

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Uma fantasia musical: Música nas Lojas

une curiosité marrante, filmée en mars chez un barbier à Barreiro

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Notre famille

lundi, mai 05, 2008

Le plat écran

Je suis assis devant la télé. Je zappe d'un programme à l'autre. Toutes les images se ressemblent et ne m'émeuvent pas. Les minutes se déversent nonchalamment dans l'atmosphère. Je regarde le plat écran et je n'apprends rien. Mais mon corps aime ça. Mon esprit aussi, semble-t-il. Je suis distrait. Délivré de l'obligation de créer. Affranchi des carcans du paraître.
Je me contente d'ingurgiter. Sans passion. Sans réflexion. Les couleurs, les mouvements, les gens qui se disputent, se battent, se tirent dessus, s'aiment. Les informations qui me manipulent, les films que j'ai déjà vus, les émissions qui m'abrutissent. Je n'attends aucune surprise. Je suis cloué dans mon fauteuil. Les chaînes ont toutes l'air artificielles. Aucune n'arrive à m'accrocher. Aucune ne me berce dans son illusion. Elles sont comme les pages d'un magazine de mode qu'on n'arrête pas de feuilleter du début à la fin, et de la fin vers le début. En sursis dans la salle d'attente.
Le sommeil progresse dans ma tête.
Je pourrais aller au lit.
Mais la journée est encore trop éveillée.
La nuit m'est un pont de soupir, une échappée belle, un abandon.


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Redacted, suite

Je n'ai pas envie d'écrire un long discours sur 'redacted' de brian de palma.
je ressens juste le besoin de répéter que c'est une oeuvre qui m'a bouleversé.
ce n'est pas forcément le film que je vous recommanderais de voir si vous n'avez pas le moral.
mais c'est un film fondamental.  
Un cri de rage. Une farce cruelle et désespérée. Une charge contre la guerre et la bêtise.
Boris vian aurait aimé.

Les Cahiers du Cinéma ont publié plusieurs articles passionnants au sujet de 'redacted'.
Voici un de ces textes, 'Farce attaque' , repris sur leur site.

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dimanche, mai 04, 2008

Raul Paz

vendredi soir, j'ai assisté à un très bon concert de raul paz
dans le cadre du festival 'saveurs culturelles du monde' au casino 2000 à mondorf
pour une fois, je n'ai pas de photos à vous montrer
en effet, ce concert, j'ai voulu le partager pleinement avec nancy, lara et joel
donc, pas de sac photo en bandoulière, pas de recherche obsessionnelle de la bonne image et la bonne lumière, pas de volonté de 'graver pour toujours' l'événement
non, rien de tout cela
ce concert, je l'ai vécu à l'indicatif présent, en compagnie des miens
lara et joel, fascinés par les sons et l'agitation de la nuit 
ils ne quittaient pas des yeux le chanteur et ses musiciens
au début, cela a été difficile
on était dans les premiers rangs, assez près de la scène, mais on n'était pas complètement devant, on était entourés de monde
quand la musique a démarré, j'ai pris lara dans les bras, afin qu'elle puisse voir les artistes
mais joel: je ne savais pas quoi faire pour joel
les gentilles spectatrices qui étaient devant nous, voyant notre embarras, m'ont dit de le faire passer devant elles pour qu'il se colle à la scène
mais joel était trop gêné, il voulait que je le prenne aussi dans mes bras 
j'ai essayé deux chansons durant de soulever les deux en même temps, 
l'un sur mon bras gauche, l'autre sur mon bras droit,
mais je ne suis pas superman
alors on s'est déplacés sur le côté gauche,  
il y avait un grand escalier qui donnait sur la scène, 
j'y ai posé joel et lara
le problème était résolu, on pouvait savourer le spectacle
nancy est restée dans sa position stratégique
de temps à autre, elle venait nous rejoindre
le public était ravi
tous les âges confondus
tout le monde de bonne humeur
raul paz et ses très belles chansons, alliant rythme et mélodie
loin des sentiers connus de la musique traditionnelle cubaine
une énergie étonnante
il a su remuer l'assistance
la danse, ce n'était pas notre fort
par contre, on chantait avec lui, on criait, on tapait des mains
on répétait 'revolución' 'felicidad', etc.
il y avait beaucoup de joie sur les visages     
quand le concert était fini, lara et joel étaient contents
nancy aussi
la soirée avait été spéciale

http://www.myspace.com/raulpazencasa

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vendredi, mai 02, 2008

Cinéma: 'Redacted' de Brian de Palma


Cela fait des années que je n'ai pas vu un film aussi fort, aussi choquant.

On ressort de 'Redacted' comme d'un cauchemar.

Sauf qu'il s'agit de la réalité.

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jeudi, mai 01, 2008

Lisboa


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dimanche, avril 27, 2008

Deux petits griffonnages vite faits

il y a deux références à mettre par écrit, ça m'a accroché ce matin à la radio et ça m'a l'air très bien:

un album BD: 'Moi, Dieu merci, qui vis ici' de Thierry Lenain (texte) et Olivier Balez (dessins)
http://www.telerama.fr/critiques/critique.php?id=25837

une nouvelle chanson, magnifique, de Maxime Le Forestier: 'Restons amants' / son nouvel album sort le 12 mai
http://www.universalmusic.fr/artiste/maxime--le--forestier/

samedi, avril 26, 2008

Where is the commanding officer?

Le monde ne tourne pas rond. Tout va mal et je ne sais plus quoi faire.
Il y a de l'agitation dans tous les sens et l'angoisse du peuple est grande.
Cette fois, cela ne se passe pas seulement dans des contrées lointaines. Nous sommes concernés.
Soldier, where is the commanding officer?
J'ai l'impression qu'ils improvisent et qu'ils ne pensent plus qu'à sauver leur peau. Les dirigeants sont désorientés et se contredisent. Ils sont tous dépassés par la tourmente.
Vont-ils nous laisser couler dans ce navire brisé?
La crise des subprimes. Des milliards de dollars sont perdus. La croissance mondiale est fragilisée.
Parlez-nous plutôt des gens qui perdent leur toit.
Le monde ne tourne pas rond. Tout va mal et je ne sais plus quoi faire.
Tromper la peur et la nausée en plongeant dans un univers de carton pâte?
Je n'en ai plus envie. There are people out there who cannot feed their children.
J'adore le cinéma, mais je n'arrive plus à chanter sous la pluie.
La révolte gronde. Le système économique et financier a les yeux rivés sur ses chiffres. Les êtres et les familles ne comptent pas pour lui. "Ils ne peuvent pas payer? Obligez-les! Sinon mettez-les à la rue!" Impitoyables.
Le monde ne tourne pas rond ...
Un article de Muhammad Yunus dans le Monde 2. Si tout le monde pouvait penser comme lui! Prêter aux pauvres plutôt qu'aux riches. Croire au potentiel des êtres humains de travailler honnêtement. On peut cultiver la terre. Retoucher des habits usés. Vendre des boissons et des gâteaux dans le parc. Il y a tellement d'initiatives à prendre. Laissez-nous travailler et être utiles.
Le monde ne tourne pas rond ...
mais je conclus ce billet par une note positive concernant le combustible, qui est de plus en plus cher. Certes. Mad Max.
Mais le renchérissement du combustible a au moins un effet positif que je constate dans ma propre vie: depuis quelques mois, je change radicalement mes habitudes. Je réduis ma consommation de bitume. Je n'utilise plus la voiture que pour aller au travail et faire quelques achats nécessaires.
Quand je fais les comptes, je constate que je dépense moins d'argent pour le carburant. Je ne fais jamais le plein. Chaque semaine, je limite mon approvisionnement à 30€ et je me discipline pour que cela soit suffisant pour la semaine. Etonnant, non?

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vendredi, avril 25, 2008

Deolinda - Une bouffée d'air frais

Quatre jeunes farfelus qui s'amusent avec le fado tout en le prenant au sérieux - le groupe s'appelle Deolinda et il vient de sortir son premier CD intitulé 'Cançao ao lado'.
Je vous invite à écouter deux titres sur leur site
www.deolinda.com.pt

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mercredi, avril 23, 2008

My way

Je n'ai plus de route à suivre. Je l'ai égarée. Je ne la retrouve plus nulle part. J'ai essayé de voir la lumière, et même de la toucher, mais on m'a appelé depuis Moscou. Tout cela m'importe peu, en fin de compte.
Je me retrouve devant vous, scruté par vous, examiné, passé au crible, emprisonné, dégradé, désolé. Vous m'ordonnez de vider mes poches. Je m'exécute et je m'écroule.
Mes pieds ne me servent plus à rien. Je sens la terre sous mon corps. Elle a une bonne odeur. Je suis content de m'être rapproché d'elle. La mer est loin, mais la mer n'est pas à moi. Je ne lui ai jamais appartenu. Ne me mêlez pas à elle. J'ai dépassé toutes ces histoires et écumes. Un jour, j'ai eu envie de marcher comme un jeune fou. Je lisais les livres. J'allais au cinéma. Je m'alimentais. Je ne végétais pas. C'était l'époque des vaches grasses. En revanche, ce matin, mon corps était d'une lourdeur! Le lit avait du mal à le porter. Il ne cessait de me dire "lève-toi, tu me fatigues". Alors, j'ai pris la voiture et je suis parti sur les chemins, malgré le prix du combustible. J'étais loin de la capitale, autrement j'aurais pris un vélo. Je ne suis pas un mauvais bougre. Je fais mon travail, c'est tout. Je ne dis jamais "je t'aime". L'amour que l'on dit trop souvent s'use plus vite. Il ne faut jamais brûler toutes les allumettes d'un coup. Je me prépare avec application pour les temps de grande privation. Je crois en effet que le plus difficile reste à venir. Le pouvoir nous échappe. Nous ne sommes plus la classe moyenne. Nous sommes le nouveau prolétariat. Mais nous ne savons plus comment nous révolter, parce que nous ne sommes qu'une somme
d'égoïsmes sans coeur ni morale. Les discours n'ont aucune issue. Les fastes s'exposent et osent le grand-guignol. Je n'ai plus l'humour ni l'amour.
Je devrai balancer le vocabulaire par la fenêtre. Nous sommes les esclaves de nous-mêmes et de nos désirs. Incapables de grandir et de voir la mortalité en face. Prisonniers de la grande bulle d'acier, l'air nous est compté. Vous m'avez donné vingt phrases comme argent de poche. J'ai économisé mes mots au maximum, mais je n'ai plus rien maintenant. Que dois-je faire? Me taire?

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lundi, avril 21, 2008

Une soirée mémorable au Páteo de Alfama



Je voudrais te remercier, Manuel, pour la très belle soirée que nous avons passée, ma famille et moi, dans ton nouvel établissement, le 'Páteo de Alfama'. 
Nous avons très bien mangé, le cadre était magnifique, soyeux, réconfortant, un mélange discret de traditionnel et de design moderne, et la succession de chants et danses folkloriques nous a ravis. 
(Hmmm, ce 'bacalhau com natas' que j'ai dégusté ...)
Comme tu l'avais prédit, les enfants ont suivi avec grande fascination les quelque 50 minutes de spectacle dansé qui ont suivi le dîner, une mise en scène tourbillonnante et exécutée avec brio autour des principales danses folkloriques du Portugal.
Mes parents, comme tu as pu le constater, étaient enthousiasmés, ma mère et ses 'bravos', mon père qui s'est levé à la fin de la représentation et qui m'a invité à faire de même. Ils étaient heureux, et cela se voyait.
Cette nouvelle maison que tu viens d'ouvrir, située à quelques centaines de mètres de la magnifique 'Casa de Linhares', allie le respect de l'ancien et le courage de l'innovation. Le Páteo de Alfama est aménagé dans le prestigieux 'Palácio dos Condes de Murça' qui a été entièrement restauré, avec le souci notamment d'intégrer dans le cadre nouveau les magnifiques anciennes murailles de la ville de Lisbonne. Pour les espaces intérieurs, tu as laissé libre cours à la créativité de l'architecte, qui a élaboré un concept à la fois sobre, épuré et chaleureux. Bravo notamment pour l'éclairage dans le restaurant, à la douceur si agréable et reposante! 
Ton pari consiste à proposer un nouveau lieu gastronomique et culturel qui ne se limite pas à décliner une enième fois la formule de la 'casa de fado'. Tu as mis sur pied une véritable troupe d'artistes talentueux qui maîtrisent parfaitement l'art de la scène ainsi que la joie et la technique des danses populaires de notre pays. 
Tu m'as expliqué qu'avec ce nouvel établissement tu désires donner à connaître aux nombreux étrangers qui visitent Lisbonne la richesse et la diversité de la culture populaire du Portugal; et aux Portugais l'occasion de redécouvrir avec émotion nos racines et notre legs folklorique. 
Avec la 'Casa de Linhares', tu fais vivre avec passion une authentique 'Casa de Fado', dans laquelle le répertoire classique est interprété par des artistes extraordinaires (Jorge Fernando, Celeste Rodrigues, Ana Sofia Varela, etc.). Et maintenant tu t'engages dans l'aventure de ce 'Páteo de Alfama', consacré essentiellement à un patrimoine folklorique qu'il est plus que jamais important de préserver.
Ce qui me plaît le plus dans ces deux adresses, c'est l'âme et la chaleur humaine qui les caractérise. Tu as l'art et la manière de recevoir les visiteurs avec élégance et sympathie, avec simplicité aussi, et sans aucune trace d'arrogance.
C'est pourquoi je suis sûr qu'un nombreux public continuera de venir chez toi, et c'est pourquoi j'ai décidé d'écrire ce billet de façon très spontanée et sincère.
Merci pour ton amitié et pour l'accueil que tu réserves à ma famille et à mes amis depuis de si nombreuses années, depuis ce soir, il y a 8 ans je pense, où j'ai ouvert la porte de ta 'casa de fado' d'alors, la 'Taverna do Embuçado'.


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dimanche, avril 20, 2008

La belle ensablée

Quand et comment

mercredi, avril 16, 2008

Ils boivent leur café

Ils peuvent au moins boire leur petit café matinal, vous leur laisserez ce petit plaisir tout de même?

mardi, avril 15, 2008

tous les kilomètres que j'aime / 2






Ces photos ont été effectuées par Nancy, pendant que je conduisais. La photo qui me représente assis à l'arrière du coffre, dans le billet précédent, a été prise par Joel, qui accomplira bientôt ses 6 ans.  
Pendant le voyage, on écoutait différentes chaînes radio, françaises. puis espagnoles, enfin portugaises, en les faisant alterner avec des CD - Tom Waits, Thomas Fersen, The Smiths, José Luiz Guerra, Amna Moura, Bourvil, etc.
Les photos de l'aller et du retour sont mélangées.

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lundi, avril 14, 2008

tous les kilomètres que j'aime




On aurait dû partir au Portugal en avion, mais des circonstances imprévues ont fait que j'ai finalement opté pour l'itinéraire en voiture. Une solution plus dispendieuse et plus fatigante que le vol en 'low cost', mais qui d'une certaine façon m'apparaît plus sympathique.
2200 kilomètres en trois jours.
En avion, on parcourt cette distance en 2h30. Le transfert d'un sol à l'autre est immédiat et brutal. Comme lorsqu'on zappe d'un programme à l'autre.
En voiture, on a le temps de regarder, de ressentir le changement graduel du territoire, de la lumière. L'imaginaire du voyage est à chaque moment interpellé.
Bien sûr, il s'agit aussi pour moi de revenir sur des routes et des lieux qui me sont familiers depuis ma plus petite enfance.
Chaque nom de ville, chaque particularité de paysage, chaque détail pittoresque est associé dans ma tête à des souvenirs, à des humeurs, à des 'madeleines'.

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dimanche, avril 13, 2008

L'éternel retour

Nous venons de passer une dizaine de jours au Portugal. Temps trop court. Temps trop fragile. Et pourtant si éblouissant.
Voyage en voiture Luxembourg-Lisboa et retour.
Trois jours pour l'aller.
Deux jours pour le retour.
Trop peu de temps.
Je suis retourné aux mêmes endroits de toujours. Rien n'a changé et tout est différent.
À quoi ça sert? À pas grand-chose en fait, et pourtant il m'est impossible de faire autrement. L'impression de 'déjà vu'. Je m'en moque. J'en ai besoin. Je dois revenir sur les lieux des crimes. Inspecter les marques et les indices. Me demander si j'ai eu tort ou raison. Réfléchir aux histoires qui ne se sont pas racontées.
Et sentir la lumière.
Cette lumière que j'aime et que je n'ai pas savourée depuis si longtemps. Une lumière qui n'a bas besoin qu'on l'explique.
Le corps est faible mais l'esprit est fort.
Le corps se décrépit avec l'âge, et l'esprit désespéré cherche un refuge.

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Le retour

mardi, avril 08, 2008

L'absent

Absent depuis une semaine et au moins jusqu'au 14 avril
pour cause de vagabondage sur les voies publiques

dimanche, mars 30, 2008

Shadows


Istambul


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L'échelle

stairway to water

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jeudi, mars 27, 2008

J'ai fait un rêve

La nuit dernière, j'ai fait un rêve, vous savez un de ces rêves qui semblent si réels qu'on a chagrin de se réveiller et de voir l'illusion se briser; un de ces rêves dont on se dépêche de noter les grandes lignes sur un bout de papier, avant que tous les contours et détails ne s'évanouissent dans les brumes de la journée. C'est ce que j'ai fait: en cinq minutes empressées, j'ai jeté un maximum de phrases dans mon cahier, avec la folle envie d'enregistrer mon songe. 

Voici donc le voyage qui m'a visité dans mon sommeil.
J'ai rêvé que tous nous étions convoqués dans le parc pour participer à un grand rassemblement pour une noble cause (j'ai oublié quelle était la cause).
J'étais revenu à mes temps de lycée. Il y avait moi, mes camarades et amis de classe, ainsi que tous les autres étudiants de plusieurs établissements de la ville.
Je me rappelle que j'étais enthousiasmé, euphorique, je sentais qu'il y avait une énorme excitation dans l'air, tous nous trépignions d'impatience de rejoindre le parc.
On allait crier ensemble. 
Très vite, les salles se sont vidées. Les professeurs avaient donné le mot d'ordre. Ils étaient avec nous. Ils avaient les cheveux longs, portaient des jeans, et étaient maigres. 
Un peu plus tard, nous marchions dans l'allée qui menait au parc. Une longue file de jeunes âgés entre 14 et 18 ans. J'étais là aussi et je bavardais de choses et d'autres, essentiellement de livres et de cinéma, essentiellement avec Amandine, ma camarade préférée, celle avec qui j'avais le plus d'affinités, et qui en plus était très jolie. J'aimais beaucoup discuter avec elle. 
Bien sûr, il faisait une belle journée de printemps, l'air était si bon qu'on ne se fatiguait pas de le respirer.
Nous sommes arrivés dans la clairière, ou peut-être sur la vaste pelouse centrale du parc qui pouvait facilement accueillir des manifestants du monde entier.
On entendait de la musique, du rock, du pop, une succession de chansons rebelles qui sortaient on ne sait d'où.
Comme tous les autres - à l'époque, je n'étais pas l'anticonformiste que je suis aujourd'hui-,  je me suis assis par terre, le gazon était doux au toucher. On formait des cercles ici et là, très rapprochés les uns des autres. ça devait être beau à voir à partir du ciel.
Je me rappelle que j'avais un appareil photo avec moi, chargé de film, je pense que c'était du noir et blanc, du 400 ASA. L'appareil, c'était mon Nikon FM2. Je me rappelle que j'étais ravi de m'être débarrassé du digital, et que grâce à cela le monde avait des chances de devenir meilleur.

Bientôt, tout le parc affichait complet - je pense qu'aux entrées le service d'ordre refusait du monde -, c'était bouleversant de côtoyer toute cette foule d'étudiants bruyants et idéalistes.
J'étais heureux de vivre cette grande action collective et de l'immortaliser sur pellicule.
Il me semble que j'avais reçu une assignation d'un journal local pour 'couvrir' l'événement. Mais je ne pensais pas trop à cette mission, j'étais participant avant tout! 
À un certain moment, je me suis couché de tout mon corps sur l'herbe, les mains en guise d'oreiller sous la tête. Je me rappelle qu'à cet instant j'ai revu en pensée les premières images du 'Perfect World' avec Kevin Costner couché dans l'herbe; il y avait aussi une chanson des XTC qui me caressait l'esprit, 'Senses working overtide', je pense.
Je me suis levé pour observer le paysage autour de moi. Il y avait beaucoup de jolies filles, Amandine, quelques autres que je connaissais, mais aussi un très grand nombre d'inconnues sur le registre. Je me suis dit 'ce n'est pas grave, le tableau est magnifique'. 
J'étais content d'être là et pas ailleurs. 
Tout à coup, la cérémonie a débuté. Une figure au fin fond du parc était montée sur une estrade et haranguait la masse des étudiants. C'était un jeune homme qui ressemblait à Jim Morrison. Il avait commencé à parler de politique et de révolution, puis il s'était ravisé, il avait pris une guitare et avait entonné une chanson de sa voix rocailleuse.
Je me suis levé et j'ai commencé à tourner au milieu des gens. Je prenais des photos. C'était bien parce que tous étaient jeunes, beaux et habillés avec beaucoup de couleurs. De plus, tous me laissaient m'approcher très près et je pouvais réaliser de superbes portraits. On peut difficilement rater les images avec ce genre de circonstances.
Je me rappelle que j'étais heureux et triste en même temps; heureux en surface, à cause de la ferveur, de la révolution, du soleil, de la musique et des belles filles, mais triste au plus profond de mon coeur, parce que je savais que tout ça n'était qu'un rêve qui bientôt serait fini.  
        
     

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Mes explorations musicales sur Myspace

Je vous livre ici quelques-unes de mes récentes explorations au sujet du nouveau panorama musical portugais.
Si vous suivez les liens ci-dessous, vous pourrez entendre plusieurs chansons de nouveaux artistes et groupes musicaux vraiment très intéressants.

Bonnes musiques!

lundi, mars 24, 2008

Cinéma: 'The Darjeeling limited' de Wes Anderson

L'une des singularités de ce 'Darjeeling limited' tient à l'ambiguïté qu'il entretient autour des figures des trois frères partis en Inde pour faire leur quête spirituelle. Cette ambiguïté porte sur deux questions qu'on n'arrive pas à résoudre: est-ce que le réalisateur est avec eux, ou est-ce qu'il se paye leur tête?
Wes Anderson place le curseur de façon très subtile quelque part au milieu entre ces deux points de lecture. On rit des trois frères, de leurs loufoqueries et mésaventures, et en même temps on ressent leur mélancolie et l'énorme besoin d'affection qui les tenaille.
On sait également gré à Wes Anderson de nous épargner une confront